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Philémon sur son âne atoll

Raccrocher Philémon aux Robinsons n’était pas une évidence ! Associez les 2 noms sur un moteur de recherche et vous verrez défiler des listings d’annuaires anglo-saxons, des profils Face book, des échanges sur des forums, avant d’obtenir un lien vers la bande dessinée de Fred.

C’est en revisionnant Jumanji, de Joe Johnston, avec mes enfants, que j’ai percuté en superposant les portraits d’Allan Parrish - sortant comme un diable d’une boîte de jeu magique où il avait été enfermé 26 ans plus tôt sur un coup de dé malheureux – et de Barthélémy, le puisatier du naufragé du « A », l’album inaugural de la saga Philémon.

 

jumanji

 barthélémy

J’ai découvert Philémon sur le tard, à la fac, à l’époque où je troquais un Délirius de Druillet contre un Incal de Moebius/Jodorowski et où je feuilletais par désœuvrement, dans les amphis, les parutions de Fluide Glacial, du Psykopat, de Viper et autres magazines et fanzines confidentiels – on dirait aujourd’hui underground.

Bref, j’avais sorti quelques albums de la besace avachie d’un compère, sûrement négligemment glissés entre un Le Goff et un Vernant, un Rodinson et un Eliade, un Goubert et un Braudel. Je les avais feuilletés distraitement à vrai dire, sans vraiment accrocher.

Et voilà que l’image de Barthélémy ressurgit, soudain, 27 ans plus tard ! 20, 26, 27, 28 ! Je suis dans les délais ! (Lesquels selon vous ?) Quoi-que ! Philémon est désormais passé de mode. Pas facile de reconstituer la série ou à quel prix ! Les albums ont disparu des bacs des bibliothèques. Ils sont relégués en réserve. La série est souvent dépareillée. Certains albums ont tellement souffert qu’ils finiront au pilon. Même tabac en librairie. On est gros-jean comme devant. Il faut passer commande. Chez les bouquinistes les tarifs sont prohibitifs. C’est finalement à la bibliothèque de Pontoise que j’emporte toute une brassée.

Philémon est une bd de Fred. C’est une série de 15 albums qui se déploient de 1965 à 1990. « Le naufragé du A » est publié en 1968 dans Pilote. « Philémon avant la lettre » le n°1 – qui devrait être en fait un n°0 – est une compilation de récits courts publiés…avant la lettre, comme son nom l’indique !

Philémon est un candide, un innocent, un grand benêt - oui ! - tout droit sorti d’un décor de conte populaire. Il traverse les albums avec légèreté et désinvolture, à dos d’âne, à peine surpris par l’étrangeté des univers parallèles. C’est un ado en pleine croissance, un va nu pied, feu de plancher, nombril à l’air, sous une marinière trop courte et fatiguée. Mais qu’en est-il de son Œdipe ? On a passé et repassé 100 fois Tintin sur le divan et là…rien sur l’ado attardé ! Au fait, en aparté, Philémon entretient plus de relations avec Gaston Lagaffe qu’avec Tintin !

philémon chez gaston

Il crèche dans une chaumière perdue, au fin fond d’une province, entre friche et forêt. On aperçoit une fois sa mère au cours d’une veillée, détendue, avec quelque chose de moderne en apparence. Hector - son père - et Félicien – son oncle – sont comme les 2 facettes de la figure paternelle. Hector d’abord, l’homme de la terre, le bon sens paysan, concret, réaliste, raisonnable. Irascible, colérique devant l’inconnu, l’irrationnel. Incrédule ? Pas seulement. C’est difficile d’admettre que son mouflet n’est pas celui qu’on projetait ! L’oncle Félicien, au contraire, stimule la sensibilité, la créativité, l’originalité de son neveu. Il lui donne l’occasion de devenir celui qu’il est et pas celui qu’on idéalise. Il a le beau rôle d’insuffler un vent de liberté. Finalement l’un est un père biologique et l’autre un père spirituel.

Philémon nous entraîne donc dans un monde insolite, mystérieux…merveilleux, une bizarrerie géographique, peuplée de personnages improbables. Il nous entraîne au travers d’aventure burlesques et grotesques. Mais derrière les circonstances loufoques se dressent des figures ubuesques. Les lettres sont souvent des utopies totalitaires. Philémon devient une allégorie des aberrations de nos sociétés et de leurs institutions.

Fred porte un regard aiguisé et critique sur nos gesticulations qui doit tout à l’existentialisme et à l’absurde. La cacophonie du monde des lettres n’a en effet rien à envier au théâtre de Beckett ou de Ionesco. Et comme si cela ne suffisait pas, il y a une confusion avec le « no sens » so british propre à Lewis Carroll et à « Alice au pays des merveilles ». Mais tout devient définitivement renversant lorsque l’histoire est servie par le génie de l’illustration. « La bande dessinée, c’est un récit qu’on peut voir et un dessin qu’on peut lire ». C’est tellement vrai que les résumés à suivre – c’est pénible à dire – sont na-vrants ! Mea culpa ! Mais je n’y reviendrais pas, c’est ficelé, c’est à vous de sauter le pas !

planche 2 

 planche de Simbabbad de Batbad  planche 6

Il est impossible de rendre compte de l’inventivité de Fred. Ou du moins je n’en ai ni le talent ni la verve. Et lorsque je me gargarisais alors comme un jeune paon des libertés et des libéralités des tableaux de Druillet, j’étais loin d’imaginer avec quel flegme mais quel brio, Fred s’émancipait du cadre, se jouait des mises en page, interpellait le lecteur sur le sens de la création. A l’époque, « La rose pourpre du Caire » de Woody Allen était encore à venir et je sortais tout juste des « Chevalier Ardent » de François Craenhals et des « Alix » de Jacques Martin.

Le dessin de Fred renvoie aux surréalistes. A Dali surtout. Il renvoie aussi à Esher. Un autre maître du trompe l’œil et des illusions d’optique. L’un et l’autre nous plonge dans leurs fantaisies, leurs hallucinations, entre rêve et cauchemar. On est proprement déstabilisé. Plus rien n’a de sens. La bascule du réel à l’imaginaire est saisissante. Réellement ! D’autant plus que Fred met en scène une mythologie originale. Bien sûr les récits sont ponctués de centaure, de licorne ou d’archange mais on y côtoie aussi et surtout des manu-manu, des brigadiers, des citicacouatiks, des tompepompes et autres…

Fred est aussi un scénariste atypique. Il avoue dans ses interviews créer au fil de ses rêveries et de ses vagabondages sans trop savoir où cela le mènera. [1] [2] Il note ses idées et ferme la fenêtre à double tour pour qu’elles ne s’envolent pas. Et en effet on perçoit une mécanique du gag qui rebondit de jeux de mots en jeux d’images et vis versa. Les scènes s’enfilent ainsi comme un collier de perles avec une grande fluidité.

philemon lettre du A

On parle de Philémon, mais le Robinson - hein ? - c’est Barthélémy qui bascule de l’autre côté du miroir en creusant un puits. Il existe de nombreux autres passages. Il ne faut d’ailleurs jamais les emprunter 2 fois sous peine de graves perturbations.

And what Barthélémy found there ? Le monde des lettres de l’Océan Atlantique ! Derrière les mots, les caractères en gros, sur les planisphères et les globes terrestres se cache un archipel, bien réel.

Barthélémy a échoué sur un « A », une île fantastique sous le régime de 2 soleils et 2 lunes, sur laquelle pousse une végétation exotiques d’arbres horloges, d’arbres aux fruits en forme de bouteilles – très pratique pour jeter un message à la mer ! – d’arbres aux branches en forme de robinets….Barthélémy s’y exténue à creuser des p’tits trous, des p’tits trous, encore et toujours des p’tits trous en espérant trouver le chemin du retour. Mais le monde réel est d’une telle fadeur qu’il voudra revenir sur son « A » sans jamais y parvenir. La faute au dessinateur qui s’est essoufflé ?

Barthélémy est sans ambiguïté un Robinson. On le reconnait à son costume de feuillage, sa toque pointue, son visage hirsute. Il a bâti une cabane qui pousse, qui grandit, qui s’enfle, hésite dans son expansion entre une architecture orientale et celle du facteur Cheval. Vendredi, le centaure majordome, lorsqu’il ne confectionne pas des bouquets de fleurs, râle après l’énormité du ménage.

Fred, enfin, a une théorie très personnelle sur l’origine du mythe de Robinson Crusoé. Daniel Defoë – un gars marrant au demeurant - serait lui-même arrivé sur le « A » avant d’en ressortir pour écrire son célèbre roman. Va savoir ?

 

    Tome 2 – Philémon et le naufragé du « A »

Le Naufragé du A

La pompe à eau de la ferme est en panne. Hector charge Philémon d’aller en puiser dans un vieux puits à l’abandon. Il remonte dans son seau une bouteille qui contient un appel au secours. Il en remonte plusieurs autres avant de décider d’aller examiner le fond du puits en glissant le long de la corde. Il dégringole et plonge dans un puits sans fond qui semble communiquer avec l’océan.

Il échoue sur une plage baignée par deux soleils et sur laquelle pousse une horloge quand il veut savoir l’heure. Derrière un rocher il croit reconnaître la croupe de son âne Anatole mais il s’agit d’un centaure qui compose un bouquet floral. Il tente de le rejoindre mais tombe dans un trou qu’est en train de creuser Barthélémy.

Barthélémy est un puisatier du village qui a disparu 40 ans auparavant. Il a vécu là comme un Robinson, au milieu d’une végétation exotique  de plantes carnivores, d’arbustes aux branches en forme de trompette ou de robinet, d’arbres qui donnent des bouteilles en guise de fruits.

Barthélémy conduit Philémon à sa cabane qui a poussé pour devenir un palais en perpétuelle métamorphose. Son architecture n’a rien à envier au palais idéal du facteur Cheval. Vendredi, le centaure, y tient le rôle d’un majordome bougon. A table, Barthélémy évoque l’archipel des lettres de l’Océan Atlantique. Les lettres qui apparaissent sur les planisphères sont en réalité des îles habitées…Mais comment revenir à la réalité ? Une licorne lui a laissé entendre que la solution viendrait des lampes naufrageuses. Ce n’est pas très clair !

Au cours de la nuit une tempête s’est levée. Les fenêtres claquent. Philémon entrevoit alors des lumières au loin. Il se précipité sur la grève et lutte contre deux lampadaires qui essaient d’attirer un vaisseau, dans sa bouteille, sur les récifs. Il réussit à les débrancher et sauver le navire du naufrage. Pour le remercier l’équipage les embarque tous les deux à bord pour rejoindre un autre « A » où d’ailleurs ils ont débarqué Daniel Defoe dans le temps.

Cette île est un vaste labyrinthe où Philémon et Barthélémy se perdent de vue. Le plafond d’une des salles est un miroir d’eau. Philémon y est aspiré et ressorts dans le puits. Son père ne croit pas un traître mot de son histoire rocambolesque. Pourtant, pouah ! L’eau est saumâtre…

 

Tome 3 - Philémon et le piano sauvage

philémon et le piano sauvage

Barthélémy veut retourner sur le « A ». L’oncle Félicien est dans la connivence sur l’autre monde. Il connait notamment les passages qui mènent d’un monde à l’autre. Il utilise la lorgnette pour viser les lettres sur le globe terrestre pour faire voyager Philémon d’un monde sur l’autre. C’est le même artifice, à quelque chose prêt qui permet à Arthur d’entrer dans le monde des Minimoys.

Malheureusement Félicien a du mal à viser juste et Philémon échoue en plein océan. Il est sauvé de la noyade par un trekker qui marche sur les eaux puis par un aérostier qui l’arrache aux flots avec l’ancre qu’il traîne hors de la nacelle. L’aérostat perd de l’altitude. Le pilote doit lâcher du lest au dessus du « N ».

C’est ainsi que Philémon atterrit un peu comme dans la scène du crash du ballon dans « L’île mystérieuse ». Dès qu’il atterrit sur la pelouse il est arrêté et conduit au Palais de Justice. Philémon est accusé d’avoir piétiné l’herbe ce qui est strictement interdit sur cette île où les habitant se sont adaptés à l’interdit une originalité physique avec de grandes ailes de papillons. Il n’en est pas moins jugé dans un prétoire au cours d’un procès burlesque et absurde. Il est incarcéré dans un zèbre-geôle en attendant la sentence : un concert sur piano sauvage ! On l’habille d’un smoking et on le jette dans l’arène où il doit plaquer un accord sur un piano sauvage pour obtenir  sa grâce. Philémon parvient à toréer le piano et à en tirer une note.

Il est raccompagné sous bonne garde jusqu’à un ascenseur qui mène dans un décor de d’hôtel feutré. Le liftier lui ouvre la grille à l’étage qu’il souhaite et Philémon commence à déambuler dans les corridors. Il retrouve Barthélémy dans une chambre où il tourne en rond depuis le précédent volume. Ils cherchent ensemble une sortie improbable. Et justement ils ouvrent une porte entrouverte qui donne dans l’armoire de l’oncle Félicien.

 

Tome 4 – Le château suspendu

philemon et le chateau suspendu

C’est l’automne, Philémon fait la cueillette des champignons tandis que Barthélémy, en habit de ville, erre comme une âme en peine. Il s’ennuie dans le monde réel et souhaite retourner sur le « A ». L’oncle Félicien lui ouvre un passage en gonflant un coquillage magique. Philémon s’engouffre avec lui dans la cavité.

Ils sont accueillis sur la plage par le roitelet du « . » du i. Il se sent bien seul et attend la visite nocturne du hibou phare qui vient se poser là pour régler la navigation. Ensemble ils en visitent l’intérieur et le roi les invite à emprunter le rayon lumineux qui perce la nuit pour essayer de rejoindre le « A ».

Ils n’ont pas le temps de faire la route. A l’aube le rayon se dissipe et ils tombent à l’eau ou plus précisément sur le dos d’une baleine-galère. Capturés par l’équipage et introduits par l’évent, ils sont conduits au travers de coursives qui rappellent les couloirs et les quais de métro jusqu’au commandant de bord. Il les fait mettre au fer sur un banc de rame. Le soir ils sont libérés mai le week-end.s se retrouvent au milieu d’une mutinerie. Les galériens exigent de ramer aussi le dimanche parce qu’ils s’ennuient le week-end.

Des pélicans-baleiniers attaquent en piquet la baleine-galère et la harponne. La baleine sort l’artillerie et tire quelques bordées. Philémon et Barthélémy profite de la confusion pour s’évader au travers des fanons au moment où la galère se libère des filins et plonge en profondeur.

Philémon et Barthélémy sont happés dans les poches des pélicans-baleiniers. Déposés au château aérien, ils sont enfermés dans des geôles séparées. Mais au moment de s’évader ils sont acclamés par les pêcheurs qui pensent voir se réaliser la prophétie des coupeurs de cordes sauvés du ventre d’une baleine. Philémon et Barthélémy doivent alors chevaucher une paire de ciseaux et couper la suspente.

Mais le château tombe à l’eau et fait naufrage. Le capitaine reste stoïque sur ses fortifications et coule avec le château comme dans le Titanic. Une vague emporte Philémon et Barthélémy. Le courant les ramène à la campagne.

 

Tome 5 – Le voyage de l’incrédule

Philemon le voyage de l'incrédule

Philémon s’enfuit par la fenêtre de sa chambre pour rejoindre Félicien et Barthélémy. Son père Hector le surprend et le prend en filature. Barthélémy veut toujours rentrer sur le « A ». Félicien ouvre un passage en forme de fermeture à glissière mais Hector leur tombe sur le râble à bras raccourci et au cours d’une brève altercation chute dans le monde des lettres et rejoint l’île des souffleurs, un véritable univers de théâtre.

Les souffleurs dans leur soupirail sont gardés par un berger-régisseur. Hector est décontenancé par l’absurde de la situation et des discussions dont il ne sait plus très bien s’il est l’auteur de ses paroles ou s’il dit le texte qu’on lui souffle !

Chez Félicien, tout le monde observe la scène au travers d’une boule de cristal. Philémon se glisse dans un compartiment de souffleur pour rejoindre son père sur l’île. A son arrivée il est braconné par des comédiens barbares parce que sans souffleur un comédien devient vite un ringard famélique. Ils veulent s’emparer du troupeau entier mais le berger réagit promptement, et contre attaque en rassemblant ses souffleurs qui soufflent une tempête à l’unisson pour faire décoller les comédiens. Ils ne demandent pas leur reste et rejoignent un navire-théâtre.

Le navire est bientôt enveloppé par une foule de criticakouatiques. Mécontents de la représentation qu’on leur sert, ils coulent le navire. Philémon et son père sont à la dérive sur une porte qui tient lieu de radeau. Cette porte est un passage qui mène jusque dans les coulisses d’un théâtre. Ils y croisent des gravures de mode 19ème, des danseuses, des criticakouatiques. En cherchant la sortie ils traversent des acteurs gigantesques puis ils s’engagent dans un escalier qui rapetisse et ouvre une trappe qui donne sur la chaumière de l’oncle Félicien.

 

Tome 6 – Simbabbad le Batbad

SIMBABBAD LE BATBAD 2 

Barthélémy fait sa tournée d’adieu. Il a décidé de rentrer sur le « A » en empruntant le puits. C’est une hérésie ! Si on utilise 2 fois le même passage cela crée des perturbations dans le monde des lettres. L’oncle Félicien  envoie donc Philémon à la recherche de Simbbabad pour conjurer le mauvais sort. Il traverse un cerceau de jongleur qui n’est autre qu’une des 2 lunes de la voûte céleste du monde des lettres.

Philémon tombe à la mer. Il est immédiatement cerné par des gardes de la lune perchés sur leurs échasses. Il veulent l’arrêter pour avoir crevé la lune mais il l’abandonne finalement à son sort lorsque le jour se lève.

Philémon patouille mais il a bientôt pied. C’est la marée. Les rouleurs de mer replient la nappe d’eau. Philémon se retrouve alors au milieu du désert. Il y croise un violoneux aux allures d’Aristide bruant. Sa musique est une évocation de Batbad une cité baroque où il aperçoit barthélémy. Mais ce n’est qu’un mirage qui se dissipe sur une note discordante.

Philémon est à nouveau seul sous les 2 soleils écrasants. Au loin il croit reconnaître des pyramides. Ce sont les oreilles pointues d’un boxer gigantesque qui mâchouille un havane. Il s’agit de Simbabbad lui-même qui bave plus ou moins pour rythmer le cycle des marées. Entre 2 il fume le cigare. Barthélémy refait d’ailleurs surface sur un nuage de fumée. Il tend la main à Philémon pour le sauver avant d’être englouti par la marée montante. Ils survolent les îles, entrevoient vendredi sur le « A » puis sont emportés au dessus de ce qu’ils pensent être le cratère d’un volcan. C’est en réalité le fourneau de la bouffarde de Félicien qui indique le retour à la réalité.

 

Tome 7 – L’île des brigadiers

philemon, l'île des brigadiers

C’est le grand soir pour Félicien qui compte bien rejoindre le « A ». Dans sa cave, Félicien charme une corde magique. Mais la corde serpentine s’attaque à Barthélémy et Philémon et tente de les ficeler. Au cours de la lutte qui s’engage la lumière s’éteint. Les 2 compères semblent remonter à la surface, au bout d’une ligne de canne à pêche, bien ligoté, comme 2 asticots à un hameçon.

Deux étranges géants se disputent la prise : un gendarme tout droit sorti du théâtre de Guignol et un braconnier. Le gendarme confisque la prise et rentre en ville. C’est une architecture faite de façades de théâtres portatifs. Le gendarme est obligé de dépareiller ceux qu’il appelle ses « bibelots ». C’est ainsi que Philémon se retrouve seul sur le marbre d’une cheminée, entre des chandeliers, de la faïence décorative, un sablier et un gong.

Il aide Jules, un bibelot qui sonne les heures depuis plusieurs générations. Jules accepte son destin mais il aide pourtant Philémon à s’évader.

Dans sa fuite il croise le grand Léopold aux allures de mohican de Paris qui connait parfaitement les recoins de la ville. Ils se trouvent nez à nez face à une tapette géante qui ne leur cède le passage qu’après avoir élucidé une énigme navrante avant de se suicider d’un grand « clac ». Enfin ils réveillent malencontreusement un manu-manu militari qui enfile son costume de brigadier et lance l’alerte.

Philémon s’échappe à travers la campagne et retrouve miraculeusement Barthélémy. Ils rencontrent un manu-manu sauvage qui semble se prendre d’affection pour eux. Un chasseur tente d’abord de le prendre au lasso avant de décocher une flèche rageuse sur la bête réfractaire.

Barthélémy n’a pas le moral et traîne les pieds. Au loin dans la steppe, le manu-manu agonise. Ils le soignent sous les yeux d’un enfant manu-manu. A sa suite ils traversent une lande hérissée de colonnes antiques au milieu desquelles les attend un fier brigadier. Il est mis en déroute, déshabillé et rendu à la liberté. Des oiseaux huissiers emportent les dépouilles du costume.

Le troupeau de manu-manu met en branle un véritable chantier naval pour fabriquer un vaisseau capable de les reconduire dans le monde réel. Le vaisseau est immobile, c’est le décor qui défile derrière eux. Il suffit de sauter en marche, au bon moment  pour arriver à destination. Fidèle, le manu-manu est resté à bord avec eux.

 

Tome 8 – A l’heure du second T

philemon à l'heure du second T

Dans un univers de conte et légende, Hector rassemble des fagots en forêt. Barthélémy court vers lui, affolé, confus : quelqu’un va de plus en plus mal ! Parle-t-il de Félicien ? Non, il s’agit du Manu-manu. Félicien d’ailleurs lui prépare des potions mais rien n’y fait. Au même moment des soldats de Simbabbad sortent d’un puits.

Félicien est vraiment inquiet sur l’état de santé de son ami. Ses remèdes sont inefficaces. Le Manu-manu dépérit et s’endort à poing fermé.

Les soldats débarquent dans la chaumière et exigent qu’on leur livre le Manu-manu qui ne peut pas vivre très longtemps hors du monde des lettres. Félicien est sommé de rétablir l’équilibre entre les deux mondes et les accompagner séance tenante. Hector est interloqué par la scène. Normal les soldats sont invisibles aux incrédules ! Il croit que Félicien a perdu la tête.

Au moment de suivre la troupe, Philémon se fait claquer la porte au nez. Une étrange fumée envahit la chaumière. Barthélémy l’aspire dans un soufflet de forgeron. La fumée négocie sa libération en indiquant un moyen de rejoindre le monde des lettres en fouillant la bibliothèque de Félicien.

C’est ainsi qu’ils feuillettent des livres de navigation et circulent au milieu de colonnes de longitudes et de latitudes qui forment un brouillard dense. Un représentant en règles à calculs pour faire rire les polytechniciens à roulettes leur indique le chemin de la sortie. Son savoir-faire ? Créer des erreurs de calculs qui déclenchent l’hilarité des polytechniciens pendant la durée des corrections. Il leur fait une démonstration qui alerte les disjoncteurs du rire.

Philémon et Barthélémy sont interpellés, interrogés et vont être conduit en prison. Ils suivent un couloir de cristal au travers duquel ils aperçoivent Félicien chevauchant le Manu-manu en direction d’un tremplin de retour dans le monde réel.

Croyant que son frère est malade, Hector a pris rendez-vous avec un médecin. Félicien les met à la porte, sort une boule de cristal d’une vielle malle et la brise.

Sur le monde des lettres le tunnel de cristal part en éclat. Philémon et Barthélémy en profitent pour s’échapper. Dans leur fuite ils croisent une équipe de leveurs de nuit puis le Manu-manu. En voulant les rejoindre de l’autre côté d’un canyon le Manu-manu s’élance et manque de louper sa réception. Il s’accroche au bord de la falaise. Celle-ci se déchire livrant un passage qui mène dans l’antre des rieurs qui sont en train de faire la fête.

Le représentant en règles à calculs leur explique qu’ils sont obligés de se cacher pour rire parce que leur roi Politicard 1er a imposé la morosité par ce qu’elle rime avec l’île du « T ». En signe de contestation politique ils se forcent à rire.

La fête est troublée par l’irruption des disjoncteurs du rire menés par l’incorruptible Gustave ness. Dans la panique tout le monde disparaît dans un brouillard de chiffres. C’est ainsi que Philémon et Barthémémy reviennent dans le réel. Le médecin est en train de prendre la tension d’Hector qui passe pour un surexcité.

 

Tome 9 – L’arche du « A »

philemon, l'arche du A

Un jour d’orage, Félicien tente de convaincre Barthélémy qu’il est trop dangereux d’essayer de retourner sur le « A ». De dépit il rejoint Philémon qui termine de réparer un tonneau pour son oncle. Tous les deux sont foudroyés, projetés dans le tonneau qui se transforme en poste vigie sur le mât d’un navire.

En voulant descendre sur le pont, Barthélémy s’emberlificote dans les gréements et tombe à l’eau. Philémon est accueilli par des morses qui lancent des S.O.S depuis le début du déluge. Deux vautours lui explique qu’il n’est pas à bord d’un navire mais au sommet du « A » sur le toit du palais de Barthélémy. Philémon est convaincu lorsqu’il voit apparaître Vendredi le centaure. Ensemble ils visitent les entreponts où s’entassent les naufragés des lettres de l’Océan Atlantique. En traversant une salle ils sont chargés par des buffets-carnivores. C’est le Manu-manu qui les met en déroute. Au cours de la bagarre une licorne sort d’un tiroir et prophétise la fin du déluge. L’inondation peut en effet être résorbée en écopant et en remplissant le tonneau (des Danaïdes). Une longue chaîne s’organise mais tout le monde s’épuise en vain jusqu’à l’arrivée du Trompomp qui vide le trop plein de la mer en quelques instants. L’île du « A » apparaît enfin au pied de deux arcs en ciel. Philémon décide de s’y rendre pour retrouver Barthélémy comme l’avait aussi prédit la licorne.

Philémon et le Manu-manu partent en expédition. Ils désenlisent un étrange personnage coincé entre deux couleurs. C’est la mort. Pour les remercier elle les emmène en enfer consulter ses fiches. Mais Barthélémy n’apparaît nulle part ! Normal, il n’appartient pas au monde des lettres. Il les expulse de l’enfer. La traversée de l’arc en ciel est comme une traversée du miroir. Philémon se retrouve au pays où l’attend un Barthélémy déçu.

 

Tome 10 – L’âne en atoll

philemon, l'âne en atoll

Jour de pluie, Barthélémy cueille des escargots dans la campagne. Un mignard qu’il tient entre le pouce et l’index appelle son père au secours ! C’est un escargot gigantesque, réfugié du déluge qui a balayé le monde des lettres. En apprenant que l’inondation a été résorbée, le gastéropode Décide de rentrer au pays. Barthélémy lui emboîte le mucus et s’embourbe comme dans des sables mouvants.

Philémon qui se promène à dos d’âne s’enlise à son tour, traverse la croûte terrestre et atterrit dans des galeries souterraines. Un bouffon surgit dont ne sait où se prosterne aux sabots de l’animal en l’acclamant comme un ministre ce qui déclenche l’hilarité de Philémon. Il interpelle des colonnes garde-mites et colonnes garde-stites pour conduire le railleur en prison. En chemin le convoi est assailli par des anarchistes démagoguenards qui chevauchent des canassons canon.

Philémon se fait expliquer que sur cette île les élites se distinguent par leurs grandes oreilles et les autres réduits en esclavage. Cela explique que l’âne ait été pris pour un ministre.

Philémon monte à bord du bateau ivrogne d’Arthur Imbo, un ancien poète reconverti dans le trafic d’armes. Le bateau déteste l’eau et il survole les contrées en chaloupant comme un poivrot. D’ailleurs il se laisse attirer par le grand cocktail d’inauguration d’une exposition coloniale. Lorsqu’il pénètre le périmètre de sécurité, il subit les tirs de barrage d’une dca. Le bateau tangue et Philémon passe par-dessus bord. Il est conduit à la cérémonie. Anatole, l’invité d’honneur, lui évite l’expulsion et le reconduit au travers des salons bondés. Ils retrouvent Barthélémy niché dans les bras d’une statue. Le trio traverse un tableau de l’exposition pour rentrer chez eux.

 

Tome 11 – La Mémémoire

philemon, la mémémoire

Philémon se promène à dos d’âne par une nuit de pleine lune. Anatole est fatigué. Il pose sa croupe un hérisson. Anatole brait de douleur, rue et fait valdinguer Philémon sur le crâne. Il vient de perdre la mémoire. Félicien s’affole. Si Philémon a tout oublié le monde des lettres est en danger. Il n’existe que si l’on y croit.

Félicien décide de renvoyer Philémon sur le « O » pour rencontrer la Mémémoire. Félicien tambourine sur un vieux tronc évidé. Le « bOoooum » qui sort de ses maillets devient une énorme bouée qui transporte Philémon et Barthélémy sur le « O ». Malheureusement ils loupent l’objectif et amerrissent au milieu de l’océan. Une sirène leur annonce qu’ici tout le monde a perdu la mémoire depuis que les secrétaires de la Mémémoire sont en grève. L’île surgit de la mer. Philémon disparaît. Barthélémy court à sa poursuite et rencontre d’étranges personnage : un roi en béret et manteau bordé d’hermine qui se sent libre de son passé, un ivrogne qui boit pour se souvenir, un marchand ambulant de souvenirs qui tente d’aider Barthélémy à retrouver Philémon. Mais ce sont dans ses souvenirs qu’il le retrouve et pas dans la réalité. L’expérience capote lorsque Barthélémy entre dans les fantasmes de l’ivrogne qui ne sont pas sans rappeler les délires du capitaine Haddock dans le Crabe aux pinces d’or.

Barthélémy entre alors dans le royaume de la Mémémoire. Il est aspiré vers le ciel avec la neige qui remonte dans les nuages. Il y rencontre un archange qui le conduit au travers de la vallée des larmes pas des larmes de tristesse mais des larmes de rire puisqu’elle abrite des anges-clowns. Arrivé au bord d’une falaise l’ange des chus pousse Barthélémy à la mer. Un crocodile (larme de) l’accompagne jusqu’à une gondole à baldaquin où repose la Mémémoire qui n’est autre que…Philémon. Barthélémy le secoue pour le réveiller et tout le monde revient à la réalité.

 

Tome 12 – Le chat à 9 queues

philemon, le chat à 9 queues

Un imprésario se promène dans la campagne verdoyante. Il croise Hector qui lui raconte par le menu les soucis qu’il rencontre avec Philémon. Il est intarissable sur l’imagination de son fils et toutes ses sornettes à propos du monde des lettres de l’Océan Atlantique. Ces histoires fantasque et rocambolesque ne manquent pas d’interpeller l’imprésario en manque d’idées de mises en scène originales. Barthélémy passe par là, raconte son naufrage. Philémon confirme. L’imprésario passe dans une case qui pivote et le fait basculer littéralement dans l’univers des lettres. Philémon s’y faufile vite avant que la case ne se referme. Félicien envoie Barthélémy à leur poursuite pour mettre fin à cette comédie.

L’imprésario n’est pas du tout déstabilisé par ce qu’il découvre. Au contraire, il projette des spectacles de plus en plus grandioses. Ils rencontrent un monstre timide et lui propose un contrat. Il l’oriente plutôt sur le chat à 9 queues qui est un vrai cabot.

En route, ils croisent le Manu-manu qu’ils ont connu gamin sur l’île des Brigadiers mais cela semble faire des siècles. Depuis la fin du régime des Brigadiers la situation s’est encore dégradée avec l’arrivée du chat à 9 queues. Il fait pourchasser les Manu-manu pour leur ronger les ongles comme on chasse les éléphants pour leur ivoire.

Ils sont justement pris en chasse et capturés par une escadrille de tenailles aériennes. Prises dans les turbulences d’un chevauchement du réel et de l’imaginaire, elles laissent tomber l’imprésario aux pieds d’Hector.

Philémon continue seul son périple sur l’île. Il entre dans un paysage de décors de scène. Il est interpellé par un tube de dentifrice dont il dévisse le bouchon pour libérer un rocker enfermé là par les criticakouatiques à la suite de ses tubes. Ils se perdent dans les coulisses jusqu’à ce que l’obscurité soit totale.

Deux yeux brillants apparaissent dans le noir. Ce sont ceux de la chatte aux beaux yeux. Elle a vu le chat à 9 queues mais par lequel des deux ? A Philémon de choisir le bon ! Philémon se trompe et tombe en pleine mer ou plutôt dans un aquarium avec lequel s’amusent des garnements habillés à la mode du 19ème siècle. Ils se font gronder et menacé d’avoir à faire au chat à 9 queues dont on voit d’ailleurs apparaître non pas les queues mais les lanières d’un martinet dans lesquelles Philémon et Barthélémy qui l’a rejoint s’emberlificotent.

Le chat à 9 queues est en fait un martinet destiné à fustiger l’imprésario qui voulait transformer les habitants des îles en phénomène de foire. A ce moment là le martinet claque. Philémon et Barthélémy sont projetés dans le monde réel.

 

Tome 13 – Le secret de Félicien

philémon, le secret de félicien

C’est l’automne. Philémon se promène à dos d’âne. Il croise son oncle Félicien qui lui raconte l’histoire de la feuille qui va passer l’hiver, la seule feuille qui résiste à l’hiver pour raconter l’histoire des saisons aux jeunes pousses du printemps.

De retour dans sa chaumière où il brûle un fagot dans sa cheminée, Félicien poursuit son récit en révélant comment il est entré en contact avec le monde des lettres. C’était d’ailleurs un automne, Félicien se promenait au milieu des bourrasques de vent lorsqu’il a été interpellé par une feuille. L’hiver a déclaré la guerre aux autres saisons pour régner en maître. Seule façon de l’adoucir, lui offrir la feuille qui doit passer l’hiver, en l’occurrence, elle-même. Pour cela il faut rejoindre le monde des lettres de l’Océan Atlantique. Et c’est dans un tourbillon de feuille comme Aladin sur son tapis magique qu’il y parvient. Les lettres arrivent sur des feuilles, alors pourquoi pas des feuilles sur les lettres !

En arrivant dans le royaume du printemps, il est immédiatement intercepté par les soldats du printemps, à califourchon sur leurs branches volantes. Ils le prennent pour un espion  et il est arrêté. Sur la route du palais ils tombent dans l’embuscade dressée par des soldabrouillard. C’est le regard perçant du phare-hibou du « . » du i qui les met en déroute.

Après un long vol ils atteignent enfin l’arbre palais du grand Timonier du printemps qui n’est autre que…Philémon ! Philémon qui fait une incursion dans le passé ce qui provoque de vrais quiproquos. Tout ce remue ménage fait écho dans le récit à l’arrivée inopinée et tonitruante d’Hector chez Félicien. Pourchassé par la garde, ils tombent de leur case pour atterrir sur celles du levé du soleil qui est tellement chaud qu’il fait évaporer l’océan. Le temps est complètement détraqué !

Debout sur un rocher, Philémon glisse et tombe dans la cheminée de son oncle. L’histoire peut reprendre son cours…Félicien est face aux Rois Soleils. A peine le temps d’échanger 2 ou 3 répliques que la nuit tombe avec son défilé de reines Lunes, chacune ayant ses quartiers de noblesse. Elles ont profité du putsch de l’Hiver pour proposer à la nuit et à l’automne une alternative d’autogestion collectiviste. Pendant qu’elles discutent politique l’Hiver en profite pour mener une offensive cinglante. Bientôt tout est recouvert d’un épais manteau blanc. Félicien en claque des dents de froid, une harmonie qui attire l’attention de la Froidure et Le Givre qui le conduisent au palais de glace où l’Hiver prend ses quartiers. La feuille qui devait passer l’hiver réapparaît  alors, tournoie autour du palais qui commence à fondre. C’est l’annonce du printemps !

 

Tome 15 – Le diable du peintre  philemon, le diable du peintre

Philémon et Félicien font un feu de camp dans la forêt. Barthélémy est retourné sur le « A », figé sur un tableau. Un peintre justement s’est installé dans la clairière. Il a un souci, sa peinture dégouline et le portrait de Barthélémy ressort sur la toile. Sur le « A » c’est l’inverse, c’est le portrait de Philémon qui apparaît.

Philémon enjambe d’ailleurs le cadre sous les yeux effarés de Vendredi, le centaure. Il fouille le palais à la recherche du peintre et croise un diable caché derrière une tenture.

Il cherche lui aussi le peintre qui l’a arnaqué dans sa jeunesse en ne cèdant pas son âme en échange du génie artistique. Depuis notre diable n’est plus pris au sérieux. Il doit réussir coûte que coûte à finaliser sa transaction s’il veut espérer prendre du galon.

Au terme de nombreuses péripéties Philémon et Barthélémy réapparaissent sur la toile du peintre dans la clairière et reprennent vie.

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