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C'est l'été et l'on se prend soudainement à rêver d'îles, d'îles vierges et lointaines, mystérieuses et fantastiques, d'îles grenadines, entre le ciel et l'eau, incendiées de soleil, tapissées de sable fin et chaud, que les rames des cocotiers frôlent insensiblement au moindre frémissement de vent ; de ces îles de solitude, aux lagons transparents, aux récifs chamarrés où se faufilent de curieux poissons exotiques ; de ces îles où il suffirait finalement d'emporter 3 objets pour y vivre dans la plénitude d'un Paradis originel, sans effort, juste de la langueur du temps qui passe.

 

Mais avant d'être un mythe touristique et exotique, ces îles portent l'emprunte de ces naufragés solitaires ou non, de ces marins abandonnés, bref, de ces Robinsons livrés à la nature, à leur nature, contraints de survivre dans l'attente d'une délivrance hypothétique.

A la fois hostile et providentielle, l'île devient le cadre d'un exercice délicat de survie, un jeu de rôle à la manière de Survivor qui débarque sur TF1 sous le titre des Aventuriers de Koh-Lanta . Tom Hanks en fait l'expérience dans Seul au Monde. Il perpétue le mythe plus qu'il ne le renouvelle, malgré le martèlement publicitaire qui prête un temps à sourire ! Il nous renvoie fiévreusement à ses illustres prédécesseurs, héros de Daniel De Foë, Jules Verne, Rodolphe Wyss, Fenimore Cooper, Mayne Reid, Michel Tournier, Jean Giraudoux, J.M Coetze…

Nous vous invitons à découvrir ou à redécouvrir ces romans exaltants, parfois introuvables si ce n'est en chinant. Ils ont été victimes de mutilations, de manipulations et censures pour répondre aux standards des éditions pour la jeunesse et à cette morale latente dans les Prix d'Excellence de nos aïeux. Il est ainsi difficile de dénicher les versions originales de ces œuvres aux tirages souvent épuisés. Voilà une bonne occasion d'occuper ses vacances !
Nous n'aborderons ici que les aspects alimentaires et culinaires de ces aventures. C'est évidemment éminemment réducteur mais nous ne saurions faire une étude comparée exhaustive de ces Robinsonnades. Il s'agit avant tout de vous faire partager ces quelques récits que nous avons relu avec bonheur !

LES ROBINSONNADES

La Robinsonnade est un genre romanesque né au 18ème siècle avec la parution du Robinson Crusoé de Daniel De Foë. Elle appartient à la longue tradition des récits maritimes, récits légendaires, de fiction, biographiques ou de science fiction (le Robinson de l'espace de Jacques Hoven, l'île de béton de James Graham Ballard).

C'est un récit de naufrage et de survie insulaire. Son appropriation par une multitude d'auteurs a amplifié le genre et l'a érigé en mythe. Les textes résonnent de l'un à l'autre dans un jeu subtil de correspondances et de connivences avouées.

Reléguée au titre de roman d'aventure pour la jeunesse, la Robinsonnade est aussi un outil pédagogique, depuis Jean Jacques Rousseau et son Emile jusqu'aux ouvrages scolaires pour l'édification des écoliers du début du siècle dernier. On y abordait l'histoire naturelle, les métiers, les sciences et les techniques, les valeurs morales et citoyennes…

« Puisqu'il nous faut absolument des livres, il en existe un qui fournit, à mon gré, le plus heureux traité d'éducation naturelle. Ce livre sera le premier que lira mon Emile ; seul il composera durant longtemps toute sa bibliothèque, et y tiendra toujours une place distinguée. Il sera le texte auquel tous nos entretiens sur les sciences naturelles ne serviront que de commentaire. Il servira d'épreuve durant nos progrès à l'état de notre jugement ; et, tant que notre goût ne sera pas gâté, sa lecture nous plaira toujours. Quel est donc ce merveilleux livre ? Est-ce Aristote ? Est-ce Pline ? Est-ce Buffon ? Non ; c'est Robinson Crusoé. »

Selon les auteurs et les époques, le récit se teinte d'accents colonialistes ou humanistes, moralistes ou pédagogiques ; d'un tiraillement philosophique entre nature et culture ; d'une interrogation sur la solitude et la socialisation ; il devient aussi le laboratoire d'un jeu de rôle et d'une étude de caractères.

L'île, ou le récif, n'est pas simplement une contrainte du récit qui se déroule, en somme, en huis clos. L'île est tout à la fois perçue comme un univers de réclusion, un monde sauvage et hostile mais aussi comme un univers vierge, parfois providentielle, qui se prête à toutes les utopies.

La Robinsonnade peut n'être qu'un épisode d'une aventure. C'est le cas notamment dans les Travailleurs de la mer de Victor Hugo, le Tarzan d'Edgar Rice Burrough ou les Mines du roi Salomon de Ridder Haggar…Elle peut être aussi continentale lorsque les protagonistes se trouvent isolés au cœur de grandes solitudes : Robinson et Robinsonne de Pierre Maël dans la forêt tropicale, les Robinsons de l'Alaska, les Robinsons de terre ferme ou les Naufragés de l'île de Bornéo de Mayne Reid ou encore dans les récits dits d'hivernage où les marins sont coincés à l'autre bout du monde, contrariés dans leur navigation.

D'autres relations de naufrages, accidentels ou volontaires, fictifs ou réels, émaillent la littérature. Il s'agit de la dérive de chaloupes ou de radeaux. Ce sont des récits où la tension dramatique est portée à son paroxysme. Ils sont souvent plus émouvants, angoissants et troublants. Les protagonistes sont cette fois bien plus isolés et réduits à l'impuissance au milieu d'un océan hostile où la survie paraît bien précaire.

Au rang de ces récits on note les Aventures d'Arthur Gordon Pym d'Edgard Allan Poe, le Chancellor de Jules Verne, les relations des survivants de la Méduse, le Kon-Tikki de Thor Heyerdahl, Naufragé volontaire d'Alain Bombard…La question de l'eau douce, la consommation de plancton ou de poissons volants, la tentation anthropophage sont alors au cœur des préoccupations des naufragés.

LE NAUFRAGE

Le naufrages, le crash, l'échouage ou l'abandon constituent le premier acte des Robinsonnades. L'abandon n'est pas un fait exceptionnel ! C'est d'ailleurs le cas de Selkirk, le modèle du Robinson Crusoé de Daniel De Foë. Dans son Ile au trésor, Robert Louis Stevenson traduit bien cette pratique par la voix du jeune Jim Hawkins :

« - Trois ans ! m'écriais-je. Avez-vous fait naufrage sur cette île ?
- Non, camarade, dit-il, je suis un marron.
Je connaissais ce mot et je savais qu'il se rapportait à une affreuse punition, en usage parmi les pirates. Elle consiste à déposer le coupable dans une île déserte et lointaine, avec une provision de poudre et de plomb, et à l'y abandonner pour toujours. »

Le naufrage stigmatise finalement assez peu l'abattement mais plutôt la réaction vitale. Le Robinson de Michel Tournier est l'un des rares à refuser son destin pourtant inscrit dans un tirage de tarot prémonitoire qui prélude au récit et à se lancer comme un forcené dans la fabrication d'une embarcation pour fuir l'île.

Dans le meilleur des cas les Robinsons tirent profit de l'épave dont ils extraient des vivres, des vêtements, des armes, des outils, des ustensiles, des grains et des plants, des animaux sur pied, des instruments de navigation, les voiles, des planches et madriers…Sous forme de clin d'œil, c'est des colis de la Fedex que Tom Hanks tire quelques malheureuses ressources ou d'une malle providentielle larguée par sa fiancée que le héros de l'Ecole des Robinsons recueille un nécessaire de survie. Dans Deux ans de vacances ou les Naufragés du Moonraker, c'est des ruines de l'établissement de prédécesseurs d'infortune que les protagonistes tirent quelques ustensiles.

En cela nos Robinsons ne sont pas toujours complètement démunis. C'est un peu de la civilisation matérielle qu'ils recueillent et leur permet de démarrer l'aventure sous les meilleurs auspices. D'autres, moins chanceux n'ont que le contenu de leurs poches lorsqu'ils sont jetés sur la grève. C'est de l'ingéniosité du marin, " homme universel " selon Jules Verne ou de l'ingénieur (Cyrus Smith) que viendra le salut.

La première étape de l'établissement consiste donc à récupérer l'essentiel de l'épave. En quelques allés - retours Robinson Crusoé recouvre une sommes phénoménale d'objets. Sa réactivité et son entreprise sont stupéfiantes. Après lui, le Robinson Suisse est si opportuniste qu'il parvient à détourner en quelque sorte les règles du jeu et se constituer un confort tel que l'aventure en perd un peu de son piment. Sans compter que l'île procure, sans efforts, l'essentiel et le superflu. Dans l'Oncle Robinson, Jules Verne attire d'ailleurs l'attention du lecteur sur ces circonstances :

Dans les Robinsonnades, la possession du feu est primordiale. Selon les auteurs, les astuces pour se procurer l'étincelle prométhéenne sont souvent escamotées. Il y a toujours une allumette providentielle qui traîne dans une doublure ou le briquet à amadou d'un fumeur de pipe pour résoudre le problème. Mais la palme de l'ingéniosité revient à Cyrus Smith qui confectionne une loupe à l'aide de 2 verres de montres pour produire le feu, idée reprise, en quelque sorte, par William Golding qui utilise, cette fois, les verres des lunettes de Porcinet.

En tout cas, pour les purs et durs du jeu de rôle l'enjeu du feu est un challenge émoustillant. Sans lui, pas de cuisine ! Godfrey Morgan dans l'Ecole des Robinsons en connaît bien les techniques primitives, mais encore faudrait-il en maîtriser les savoir-faire ! En l'absence de ce genre de compétences nos Robinsons rejouent à leur façon la guerre du feu en attendant un impact de foudre et en entretenant continuellement leur foyer.

« Je le sais bien, de braves gens, confortablement installés dans leur chambre, devant une bonne cheminée, où flambent le charbon et le bois, vous disent volontiers :
" Mais rien de plus facile que de se procurer du feu ! Il y a mille moyens pour cela ! Deux cailloux ! …Un peu de mousse sèche ! …Un peu de linge brûlé….et comment le brûler, ce linge ? Puis, la lame d'un couteau servant de briquet….ou deux morceaux de bois vivement frottés simplement, à la façon polynésienne !… "
Eh bien, essayez ! »

En l'absence d'ustensiles de cuisine, le grillé est la première technique de cuisson utilisée. Tous les animaux sont irrésistiblement passés au fil de la broche. Les marmites et pots manquent cruellement aux Robinsons qui en viennent à rêver, comme Tartelett, de fameux pot-au-feu ou, comme Robinson Crusoé, de bouillons aux vertus reconstituantes. D'ailleurs la cuisson à la broche a ses limites. Elle n'est pas adaptée à la cuisson des viandes coriaces qui nécessitent d'être longuement mijotées pour devenir goûteuses, gastronomie oblige !

C'est ce qui incite nos Robinsons à chercher dans la nature des ustensiles de substitution : tronçons de bambous, calebasses, coquillages…ou à se lancer avec plus ou moins de bonheur dans la fabrication de poteries.
Toujours du point de vue alimentaire le feu s'avère tout particulièrement utile pour le fumage des viandes ou des poissons….

« Avant de partir, Flip, sachant que Mrs Clifton avait l'intention de fumer les trois jambons de cabiai, installa un appareil propre à cette opération. Trois piquet réunis à leur extrémité supérieure comme les montants d'une tente, et fixés en terre par leur extrémité inférieure, formèrent l'appareil. Les jambons devaient être ainsi suspendus au-dessus d'un foyer de bois vert, dont l'épaisse fumée devait pénétrer leur chair. En choisissant quelques branches d'arbustes aromatiques, on communiquerait à cette viande un délicieux arôme et, puisque ces arbustes ne manquaient pas aux environs, Mrs Clifton se chargea de parfaire par ce moyen son opération culinaire »

….pour la cuisson du sacro-saint pain et globalement pour la réalisation de nombreuses recettes. Encore dans ce registre nos Robinsons sont-ils bien limités à l'exception de Moko et Service qui réalisent de belles prouesses dans Deux ans de vacances :

« Vraiment, Moko s'était surpassé pour la confection de son menu, et se montra très fier des compliments qui lui furent adressés, ainsi qu'à Service, son aimable collaborateur. Un agouti en daube, un salmis de tinamous, un lièvre rôti, truffé d'herbes aromatiques, une outarde, ailes relevées, bec en l'air, comme un faisan en belle vue, trois boîtes de légumes conservés, un pudding - et quel pudding !- disposé en forme de pyramide, avec des raisins de Corinthe traditionnels mélangés de fruits d'algarrobe, et qui, depuis plus d'une semaine, trempait dans un bain de brandy ; puis, quelques verres de claret, de sherry, des liqueurs, du thé, du café au dessert, il y a là, on en conviendra, de quoi fêter superbement l'anniversaire du Christmas sur l'île Chairman »

ALIMENTATION ET DIETETIQUE

Les préoccupations diététiques sont sensibles dans les Robinsonnades. Ce sont déjà des préoccupations de marins avertis de l'incidence des carences alimentaires sur la santé et la survenue du scorbut notamment. C'est en tout cas une préoccupation qui se précise au fil du récit lorsque les ressources de l'île sont limitées et peu diversifiées.

De toute évidence la chasse prime dans le quête alimentaire et la viande constitue bientôt l'essentiel du régime alimentaire pour des raisons concrètes et romanesques. La viande pose moins de soucis d'innocuité sanitaire tandis que les plantes, les fruits et légumes…posent clairement les questions d'intoxications possibles. Dans Sa majesté des mouches les enfants souffrent ainsi de sévères diarrhées dues à leur régime frugivore.

D'ailleurs, les protagonistes ne sont pas tous férus de botanique et sont souvent bien incapables de discerner les plantes comestibles ou non. Dans l'expectative, Robinson Crusoé préfère encore se priver. Son régime est monotone et répétitif. Les Robinsons Suisses, quant à eux, ne manquent pas une occasion d'observer de quels fruits se nourrissent les animaux avant de les introduire dans leur consommation. Mais est-ce bien la meilleur solution ? D'autres naufragés n'ont même pas de choix et doivent se satisfaire du tout venant quitte à ce que leur régime soit carencé comme c'est le cas pour les Naufragés du Moonraker, bientôt atteint par le scorbut :

« Le lendemain matin, Kell pria de nouveau Cat de venir l'aider, ainsi que Bessie Taylor, cette fois.
- Que nous arrive-t-il ? demanda Bessie Taylor à Kell, chemin faisant. M. O'Shea se plaint de fatigue croissante, c'est à peine s'il peut marcher. Je l'ai vu tomber, plusieurs fois, et il reste étendu longtemps avant de se lever. Même la pluie ne le fait pas bouger. M. Gray a les poignets tout enflés. Et Cat ne bouge que contraint et forcé. Moi-même, j'ai souvent les jambes coupées, sans qu'un effort justifie vraiment…
- Cat écoutait, sans saisir plus d'un mot sur deux, d'ailleurs, tant son esprit avait de peine à se fixer.
- C'est le scorbut, j'en ai bien peur, entendit-il Kell répondre.
- C'est le scorbut, qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il machinalement, mais sans écouter la réponse.
- Le scorbut ? C'est une maladie, un genre de maladie. Le résultat d'un régime trop peu varié. Le manque de légumes, de fruits. Et le manque d'espoir, aussi. Tout le monde est en train de renoncer, ici »

En tout cas ce souci d'équilibre alimentaire est bel et bien un cas de conscience. Notamment chez Fenimore Cooper dont le héros s'attèle résolument au jardinage et à l'arboriculture fruitière de façon à rompre avec un régime exclusivement constitué de biscuits, de conserves et de salaisons. Même attention dans Deux ans de vacances, l'Ile mystérieuse ou l'Oncle Robinson dont les héros s'interrogent souvent sur la valeur nutritive des huîtres et l'incidence de leur consommation sur la santé mais aussi sur la nécessité de varier les menus avec des fruits et des légumes :

« Bref, l'île Chairman procurait à ses habitant, sinon le superflu, du moins le nécessaire. Ce qui faisait défaut - il y avait lieu de le regretter- , c'étaient les légumes frais. On dut se contenter des légumes de conserves, dont il y avait une centaine de boîtes que Gordon ménageait le plus possible. Briant avait bien essayé de cultiver ces ignames revenus à l'état sauvage, et dont le naufragé français avait semé quelques plants au pied de la falaise. Vaine tentative. Par bonheur, le céleri - on ne l'a point oublié- poussait abondamment sur les bords du Family-Lake, et, comme il n'y avait pas lieu de l'économiser, il remplaçait les légumes frais, non sans avantage. »

Globalement, au fur et à mesure du déroulement de l'action, la découverte et la reconnaissance de la faune et de la flore permettent aux Robinsons de tirer profit des ressources naturelles, d'élargir leur régime alimentaire et d'agrémenter la cuisine quotidienne de plantes aromatiques.

La nature offre aussi des ressources imprévues : l'arbre à vache et son lait, les arbres à thé (pernettia et palommier), le roseau sucré et le sirop d'érable pour le sucre, les arbres à pain (sagou et cycas), des plantes à fruits à distiller (cosse d'algarrobe et trulcas)…

Enfin, dans un hémisphère et sous un climat étrangers se succèdent des saisons incertaines. La conservation des aliments devient alors particulièrement préoccupante. En dehors des salaisons, fumaisons et produits déshydratatés, il n'est plus guère possible de compter sur les produits frais de la cueillette, de la pêche et de la chasse. Seuls le jardinage, la culture et l'élevage permettent aux Robinsons de survivre durant la mauvaise saison.


LA CUEILLETTE


Certains Robinsons peuvent compter sur les provisions extraites de la cambuse ou des soutes de leur navire mais ce n'est pas le cas général. Très rapidement, ils doivent être autonome et tirer profit des ressources de l'île. La cueillette instinctive leur permet un temps de se régaler à souhait. Certains ont même le sentiment, chaque matin, d'aller faire leur marché !

« Chaque matin, en se levant, elle demandait à son frère :
" Aujourd'hui, mon petit Jean, que vas-tu me rapporter du marché ? "
Le marché des deux naufragés, c'était tantôt la forêt, tantôt la plage. De ses excursions au-dehors le jeune homme revenait, portant dans sa gibecière tantôt un oiseau, tantôt un lapin sauvage, d'autres fois, lorsqu'il était plus heureux, un agouti ou un de ces petits cerfs mouchetés qui, de loin, ressemblent à des chevreaux. »

C'est sur les plages et les grèves tout d'abord qu'ils vont glaner leur nourriture. La pêche à pied leur permet de récolter des coquillages, mollusques et crustacés : moules, clovisses, huîtres, clams, lithodomes, crabes…et en explorant bien de dénicher des œufs d'oiseaux de mer ou de tortues marines. Pour ce qui concerne ces œufs certains se posent toutefois la question de leur fraîcheur et de leur consommation, gobés crus ou cuits. Parmi les autres ressources côtières seul Jules Verne a le réflexe de penser aux algues :

« Cependant, à ces mollusques, le jeune garçon joignit une certaine quantité d'algues comestibles, qu'il ramassa sur de hautes roches dont la mer ne devait mouiller les parois qu'à l'époque des grandes marées. Ces algues, appartenant à la famille des fucacées, étaient des espèces de sargasses qui, sèches, fournissent une matière gélatineuse assez riche en éléments nutritifs. »

La découverte de l'île ou du récif, des forêts clairsemées, profondes ou de la jungle leur procure à bout de bras, à condition d'être féru de botanique, une quantité de végétaux, fruits, légumes, rhizomes, racines propres à satisfaire leur appétit : céleri, cresson, pomme de terre, manioc, pousse de bambou, épinard, choux, raifort, sénevé, navet, rave, oseille, chou palmier, pignon de pin, noix de coco, figue, raisin, melon, cacao, orange, limes, citron, cédrat, ananas…

Dans Suzanne et le Pacifique de Jean Giraudoux, l'île est tout à la fois providentielle et surréaliste, c'est le moins que l'on puisse dire :

« Déjà cependant le lait avait jaillit pour moi de l'arbre à lait ; flattant l'arbre de la main, génisse millénaire dont le vent retournait parfois la crinière vers ma joue, je réussissais à emplir ma boîte de conserve ; déjà je savais que l'on peut boire à même l'arbre àà vin, mais qu'il faut que repose le suc de l'arbre cidre ; déjà les fruits que l'on sèche et ceux que l'on mange frais. Puis, ma grève balayée d'un balais en vrai marabout, mon costume de ficelle et de plumes de paradis achevé, une fois tout vérifié avec mes deux loupes d'où je tirais le feu le plus facile, vérifié le ruisseau plein de poissons qui n'avaient que deux cents mètres pour leurs ébats entre l'eau salée et le roc de la source, vérifiés trois échos dont le dernier répétait douze fois vos paroles, écho pour femme seule, vérifiées les huîtres, les moules, excellentes mais dont la nacre était molle de nouveauté, vérifiée l'herbe qui remplacerait pour moi le cerfeuil, celle qui serait mon échalote, me sentant pour jamais sans préoccupation sur cette île parfaite, j'attendis… »

Mais la cueillette a ses limites. D'abord elle exige de longues démarches quotidiennes, ensuite elle offre peu de perspectives car ces fruits et légumes sont saisonniers et viennent vite à manquer. Robinsons Crusoé, particulièrement attentif à la pérennité de son établissement, cherche à conserver le raisin sauvage qu'il a cueilli en le faisant sécher au soleil. Il imagine ensuite, comme ses nombreux successeurs, tout le profit qu'il peut tirer du passage au jardinage, à la culture et à l'élevage qui permettent de produire, à proximité de l'habitat et en quantité, l'essentiel des produits de consommation courante.

LA CHASSE
 
   


La chasse joue un rôle primordial dans les Robinsonnades et la viande devient l'aliment de base par excellence. Rôle que ne joue pas la pêche qui tient une place congrue alors que le littoral porte des promesses de pêches miraculeuses !

C'est d'ailleurs sur une plage que se déroule l'une des plus belles scènes de chasse et la capture d'une tortue dans Deux ans de vacances :

« Cette masse n'était autre qu'une tortue de grande dimension, un de ces énormes chéloniens que l'on rencontre le plus souvent endormis à la surface de la mer.

Cette fois, surprise sur la grève, elle cherchait à regagner son élément naturel.

En vain les enfants, après lui avoir passé une corde autour du cou qui était allongé hors de la carapace, essayaient-ils de retenir le vigoureux animal. Celui-ci continuait de se déplacer, et s'il n'avançait pas vite, du moins " tirait-il " avec une force irrésistible, entraînant toute la bande à sa suite. Par espièglerie, Jenkins avait juché Costar sur la carapace, et Dole, à califourchon derrière lui, maintenant le petit garçon qui ne cessait de pousser des cris de terreur d'autant plus perçants que la tortue se rapprochait de la mer. …/… Deux espars furent alors engagés sous son plastron, et, au moyen de ces leviers, on parvint, non sans de grands efforts, à la retourner sur le dos. Cela fait, elle était définitivement prisonnière, car il lui était impossible de se remettre sur ses pattes. »

Les actions cynégétiques ont l'avantage de mettre en scène les prouesses des rescapés et de tenir le lecteur en haleine. A l'exception des prédateurs abattus pour des raisons de sécurité, tous les gibiers sont dévorés avec avidité, même si parfois, c'est le cas des oiseaux de mer ou des gibiers d'eau, ils ne sont guère appréciés pour leur goût huileux ou vaseux.

La chasse est d'autant plus facile que les naufragés ont pu sauver des armes du naufrage. Toutefois, le soucis de préserver poudre et munitions en cas de danger conduit les Robinsons à adopter des techniques de traque et de braconnage : traquenards, fosses, collets, filet, enfumage des terriers…

« Il leur avait promis des arcs et des flèches, dès qu'il aurait trouvé du bois convenable à cet usage ; mais en attendant, il leur apprit à tendre des pièges aux oiseaux, soit en installant de petites trappes appuyées sur trois fragiles baguettes disposées en forme de quatre, soit en fabriquant des collets avec la fibre des noix de coco. Ces collets furent même employés avec succès dans la garenne aux lapins. »

« Ce jour-là, au dîner, un plat nouveau parut sur la table. Ce fut un plat de ces écrevisses excellentes dont fourmillait le haut cours de la rivière. L'Oncle, pour leur appât, s'était contenté de jeter dans le courant un fagot au milieu duquel il avait mis un morceau de viande. Quand il le retira, quelques heures après, toutes les branches étaient garnies de crustacés. »

…voir à privilégier des armes plus rustiques : pieu, gourdin, arc, bolas…La chasse est aussi nettement plus pratique lorsqu'il possède un chien : Phann, Top, Turc, Bill, Tenn…

La chasse n'a pas qu'un objectif alimentaire. Elle procure à l'occasion le cuir et les fourrures nécessaires à l'habillement, voir la graisse et l'huile nécessaires à la fabrication des luminaires.

Tout gibier est bon à manger. Dans l'Ile mystérieuse Pencroff trépigne devant la moindre proie. L'abattage est presque systématique. Chaque espèce devient la cible d'appétits dévorants. C'est le cas chez Wyss et plus encore chez Jules Verne où la chasse devient l'occasion d'une description minutieuse de la faune, véritable catalogue zoologique de muséum d'histoire naturelle.

C'est encore dans Deux ans de vacances que la découverte des écosystèmes est la mieux mise en valeur. Les garçons de la pension Chairman pénètre l'île depuis le littoral (cormorans, goélands, mouettes, grèbes, pigeons de roche, oies, canards, huîtriers…) jusqu'à la forêt (tucutucos, maras, pichis, pécaris, guaçulis, mouffettes, gloutons-grisons, zorillos, nandous, vigognes, perdrix, outardes huppées, tinamous, martinettes, pigeons des bois, south-moors, grouses, râles, pluviers…) et enfin la partie lacustre (bécassines, canards, pilets, pluviers, macreuses, sarcelles, oies antarctiques, vanneaux, berniches…). Pour ce qui est des ressources halieutiques elles offrent de moindre ressources, en pleine mer : notothenia, merluche, kleps, nyxines, galaxias ; et en rivière : truites, brochet et saumons.

Mais la chasse fait l'objet de polémiques entre les naufragés. C'est symptomatique dans Deux ans de vacances où la chasse aristocratique de Doniphan finit par créer une animosité de " classe " avec Gordon et Briant et finalement une scission du groupe. Cette rupture est encore plus marquée dans Sa majesté des mouches entre Ralph détenteur de la conque, chef petit à petit supplanté, et Jack qui mobilise ses camarades autour d'une frénésie de la chasse tribale et sauvage. Le groupe devient meute, horde sauvage et le goût de la traque et du sang tourne à la chasse à l'homme et au lynchage des boucs émissaires. On est bien loin de ce qui aurait pu être une autre Guerre des boutons !

« Jack se redressa, le couteau rougi à la main. Les deux garçons se firent face ; deux mondes s'affrontaient : celui de la chasse, avec ses tactiques, son exaltation farouche, son adresse ; celui de l'attente et du bon sens confondu. Jack changea son couteau de main et se barbouilla le front de sang en repoussant ses cheveux collés. »

« Les jumeaux, un sourire identique sur le visage, se levèrent et firent un simulacre de poursuite. Les autres entrèrent dans le jeu et ce fut un tintamarre de cris et de râles de cochons.
- Et toc sur la caboche !
- Tiens ! Qu'il en prenne pour son grade !
Maurice s'adjugea le rôle de la proie et se précipita au centre du cercle en poussant des grognements. Les chasseurs l'entouraient et faisaient semblant de le frapper. Tout en dansant, ils scandaient un chant : " A mort le cochon ! Qu'on l'égorge ! Qu'on l'assomme ! »

En tout cas, tout le monde ne possède pas l'instinct du chasseur. Le jeune Cat, dans les Naufragés du Moonraker répugne à abattre ses proies au grand damne de ses compagnons d'infortune. Dans le même ordre d'idée, les enfants, dans l'Oncle Robinson, rechignent à massacrer à coups de gourdin des bandes de manchots ou de pingouins parce que cela ne demande ni courage ni habileté.

Enfin, les auteurs font facilement l'économie du dépeçage et de la découpe des gibiers. Les mentions sont ponctuelles et particulièrement édulcorées.

LE JARDIN


Le passage au jardinage puis à la culture céréalière marque une véritable prise de conscience des Robinsons. Le secret espoir d'une libération prochaine s'est évanoui. Ils s'enracinent et colonisent l'île de façon durable.
L'installation passe par l'aménagement d'un habitat troglodyte ou arboricole et autour de cette demeure sécurisante, parfois fortifiée et camouflée, s'organise un jardinet, une basse-cour, voir un corral pour le bétail.
Toute cette activité mobilise l'ingéniosité et les efforts des Robinsons. L'oisiveté est mère de tous les vices et le travail semble le seul remède à la solitude et à l'abandon. Même si chez J.M Coetzee ce travail tourne à l'absurde avec un Cruso qui aménage des terrasses monumentales inexploitables faute de grains pour les ensemencer. L'industriosité se double d'une thésaurisation. La production et l'accumulation des denrées alimentaires lèvent les angoisses de la survie et consolide l'avenir. En cela la Bible devient un soutien moral infaillible.

Le jardinage inscrit donc les naufragés dans une nouvelle dynamique de prévoyance et de fructification. Ici le jardin est à l'image du Paradis originel. Il est providentiel à condition d'être attentif et vigilant car sous ces latitudes le climat est incertain, souvent diamétralement opposé à celui de l'Europe et toujours prompt à réduire à néant les efforts consentis comme en fera l'expérience le Robinson de Michel Tournier.

Dans la plupart des cas, le jardin accueille et acclimate des variétés végétales, des semences et des plants sauvés de l'épave. C'est plus rarement le cas des variétés sauvages indigènes. Dans le Cratère de Fenimore Cooper, ce jardin surgit littéralement de la gueule et des flancs du volcan jusque là stérile. Le travail et les efforts de Marc Woolston pour façonner et amender les sols permettent de créer un jardin paradisiaque. Et, au delà de sa fonction strictement vivrière, le jardin devient un lieu d'agrément. Même résolution chez les Robinsons Suisses :

« Comme la nature avait entièrement déshérité Zeltheim, nos efforts d'embellissement se portèrent principalement sur ce point. Nous y transportâmes notre résidence pour les exécuter à loisir. Nous y plantâmes en quinconce tous ceux de nos arbustes qui ne redoutaient pas l'ardente chaleur, tels que les citronniers, les pistachiers et les pamplemoussiers, qui atteignent une hauteur extraordinaire et portent des fruits plus gros que la tête d'un enfant. L'amandier, le mûrier, l'oranger sauvage et le figuier d'Inde y trouvèrent aussi leur place. L'aspect du site fut ainsi changé ; à une plage brûlante, nous fîmes succéder un frais bosquet. »

Ainsi, le jardin devient si productif qu'il met les Robinsons à l’abri du besoin. Mieux, le Robinson de Michel Tournier instaure et planifie des festivités afin d'épuiser ses réserves. Dans les cas de Robinson Crusoé, du Robinson Suisse et de Marc Woolston ces rendements permettent de subvenir à de nouvelles vagues de colonisation.

AGRICULTURE ET ELEVAGE
 


Selon les cas, l'île est providentielle. C'est une terre-mère ou une maîtresse. On assiste au fil des récits à une installation durable, à l'aménagement et au gouvernement de l'île. Seul le Robinson de Michel Tournier abandonne toute idée d'appropriation et de domestication de l'île et s'inspire de Vendredi pour mener avec innocence une " vie sauvage ", une relation intime et naturelle avec son île, personnalisée et féminisée.

Avec les Robinsons, on aborde le cadre de l'économie domestique. Le passage à l'agriculture et à l'élevage apparaît comme un formidable raccourcis de l'évolution humaine comme le traduit très justement Michel Tournier :

« Comme l'humanité de jadis, il était passé du stade de la cueillette et de la chasse à celui de l'agriculture et de l'élevage. »

Le passage à la culture et à l'élevage nécessite un aménagement de l'espace : champs, basse-cour, corral. Il invite les naufragés à fabriquer, non sans peine, les outils nécessaires aux travaux agricoles et à la transformation des produits : vannerie, poterie, menuiserie, métallerie…C'est aussi l'occasion de digressions agronomiques :

« Harbert, n'attachant que peu d'importance à sa découverte, se disposait à jeter le grain en question, mais Cyrus Smith le prit, l'examina, reconnut qu'il était en bon état, et, regardant le marin bien en face :
" Pencroff, lui demanda-t-il tranquillement, savez-vous combien un grain de blé peut produire d'épis ?
- Un, je suppose ! répondit le marin, surpris de la question.
- Dix, Pencroff. Et savez-vous combien un épi porte de grains ?
- Ma foi, non.
- Quatre-vingts en moyenne, dit Cyrus Smith. Donc, si nous plantons ce grain, à la première récolte, nous récolterons huit cents grains, lesquels en produiront à la seconde six cent quarante mille, à la troisième cinq cent douze millions, à la quatrième plus de quatre cents milliards. Voilà la proportion. »

 

Il est souvent fait mention de basse-cour dans les Robinsonnades. Elle est primitivement constituée des volailles, cochons, chèvres, moutons, vaches, âne, oies, canards et même pigeons…transportés à bord des navires. Rares sont les animaux indigènes à être domestiqués à l'exception de quelques rares bovidés et équidés destinés au trait. Pour le reste, il s'agit d'animaux de compagnie : perroquets et autruches !

 

Les garennes de lapins ou d'agoutis sont considérés par les naufragés comme un vivier naturel dans lequel on peut puiser à volonté, un peu d'ailleurs comme dans ces bancs d'huîtres qui semblent inépuisables.

 

LE CANNIBALISME

 

Le roman d'aventure touche à l'exotisme. En cela c'est une relation où, selon les époques, les auteurs posent sur l'autre un regard particulièrement ethnocentrique, méprisant et critique, ou plus humaniste, compréhensif et empathique. Il faut toutefois accepter de replacer ces œuvres dans leur contexte comme nous y invite judicieusement un préambule d'une collection récente pour la jeunesse :

« Certains des propos que l'on pourra lire dans ce roman seraient inadmissibles aujourd'hui. N'oublions pas de les replacer dans le contexte de l'époque. »

 

Les Robinsonnades n'échappent pas à ce contexte. Les naufragés prennent possession de l'île, s'érigent en rois ou gouverneurs, en tout cas en colons. Ils investissent ce territoire vierge et légifèrent au sens propre. Ils endossent un rôle civilisateur et évangélisateur. Quant aux indigènes, ils sont mis en scène de manière cavalière au travers de rites, d'us et coutumes, vidées de leur sens, de mascarades ridicules et triviales. Jules Verne pousse un peu plus loin la parodie pour donner des accents de vérité à la mise en scène de la Robinsonnade William W. Kolderup imagine pour éprouver un neveu un peu rêveur !

 

Dans les Robinsonnades l'opposition interculturelle se cristallise autour de mœurs alimentaires : le cannibalisme. C'est un épisode croustillant des aventures de Robinson Crusoé qui, d'abord inquiet pour sa sécurité, décime finalement une bande d'indigènes et sauve Vendredi du festin auquel il était promis. Son premier acte d'acculturation sera de le dégoûter définitivement de la chair humaine en l'intimidant et en l'initiant à la gastronomie :

 

« Je commandai à Vendredi de ramasser ces crânes, ces os, ces tronçons et tout ce qui restait, de les mettre en un monceau et de faire un grand feu dessus pour les réduire en cendres. Je m'aperçus qu'il en avait encore un violent appétit pour cette chair, et que son état naturel était encore cannibale ; mais je lui montrai tant d'horreur à cette idée, à la moindre apparence de cet appétit, qu'il n'osa pas le découvrir : car je lui avais fait parfaitement comprendre que s'il le manifestait je le tuerais. »

 

« Après lui avoir fait ainsi goûter du bouilli et du bouillon, je résolus de le régaler le lendemain d'une pièce de chevreau rôti. Pour la faire cuire je la suspendis à une ficelle devant le feu -comme je l'avais vu pratiquer à beaucoup de gens en Angleterre- en plantant deux pieux, un sur chaque côté du brasier, avec un troisième pieu posé en travers du sur leur sommet, en attachant une ficelle à cette traverse, et en faisant tourner la viande continuellement. Vendredi s'émerveilla de cette invention ; et quand il vint à manger de ce rôti, il s'y prit de tant de manières pour me faire savoir combien il le trouvait à son goût, que je n'eusse pu ne pas le comprendre. Enfin il me déclara que désormais il ne mangerait plus d'aucune chair humaine, ce dont je fus fort aise. »


 

Michel Tournier ne manque pas quant à lui de décoder cette scène en y posant un œil d'anthropologue. Là encore, cet épisode doit être mis en perspective avec les nombreux récits des voyageurs qui découvrirent avec stupéfaction ces pratiques anthropophages dont ils furent parfois les premières victimes.


C'est oublier bien vite que dans certains naufrages les marins sont tentés ou transgressent même le tabou de l'anthropophagie. Des exemples romanesques ou authentiques peuvent être extraits des aventures d'Arthur Gordon Pym d'Edgard Poe, du Chancellor de Jules Verne ou des relations des survivants du naufrage de la Méduse. Il ne s'agit pas à proprement parler de Robinsonnades mais laissent présager des actes commis dans des conditions extrêmes !



Cet article est paru il y a quelques années déjà sur un site cuisine que j'animais alors : Abcuisine.
Le site avait été primé à l'occasion du festival Gastronomade d'Angoulême.
 
Tag(s) : #DECRYPTAGE

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