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Surprise ! Toute la famille est venue retrouver Catherine et Jacques au bout du monde pour fêter avec eux leur anniversaire de mariage ! Tous partent alors pour une excursion dont ils ne reviendront pas de sitôt... Problème d'instruments, tempête, leur petit avion doit se poser en catastrophe sur une île déserte. Panique, angoisses, violence collective, rires et désirs, la famille traverse toutes les émotions liées à leur situation pour le moins singulière... Cette île devient alors le lieu de tous les règlements de comptes. Chacun révèle des facettes encore inconnues de lui-même. Frédérique découvre brutalement que Nourredine l'a trompée tandis que Catherine apprend une énième infidélité de Jacques... Puisqu'il en est ainsi, toutes décident de faire "grotte à part". C'est une famille complètement transformée qui rentre enfin à Paris, après trois semaines d'isolement total.

« L’enfer au paradis » est un vaudeville, une comédie de boulevard, populaire et divertissante. Les effets comiques reposent sur l’imbroglio des relations familiales, fusionnelles et hystériques, des quiproquos, des rebondissements, des situations cocasses. Tout cela n’est pas d’une grande finesse mais on ne fait jamais l’unanimité !

Ce traitement comique ne révolutionne pas la robinsonnade. Bien au contraire il s’appuie sur le schéma le plus conventionnel pour le caricaturer. Les scènes les plus classiques sont ainsi détournées :

- Le crash de l’avion est traité à la façon de « Y a-t-il un pilote dans l’avion ? » de Jim Abrahams

- L’exploration de la jungle insulaire est assimilée à la visite d’une jardinerie

- Le campement est conçu comme un village vacances : paillotes individuelles et cocktail de noix de coco

- La cuisine est digne d’un 3 étoiles : poisson sous toutes ses formes, cru en sushi, au court bouillon d’algues ou grillé au fenouil sauvage

- La création du feu primitif procure une euphorie bestiale qui rappelle celle d’un Tarzan victorieux qui se tambourine la poitrine

En tout cas l’insouciance et la bonne humeur sont de mise. Personne n’imagine vraiment que la mésaventure peut durer. Les secours doivent arriver ! On sable le champagne à côté de la carlingue avant de rationner les cacahuètes et les bouteilles d’eau minérale. On visite l’île plus qu’on ne l’explore. On s’extasie devant de superbes paysages de cartes postales.

Lorsqu’il faut se rendre à l’évidence, les passions s’exacerbent et dégénèrent : lamentations, pleurs, hurlements et … décompensation ! La plus fragile des naufragées, visiblement dépressive, pète les plombs et tire les fusées de détresse à tort et à travers.

C’est le signal d’une reprise en main du groupe. Jacques exhorte ainsi sa tribu : il est urgent d’arrêter les conneries, de se reprendre et de s’organiser – faire un campement digne de se nom, respecter une certaine dignité (se raser…) et accepter la discipline.

C’est l’occasion rêvée pour ce père de se remettre en selle après quelques divagations professionnelles et spéculatives et une liaison extraconjugale dévastatrice. [ les relations amoureuses et pécuniaires sont au cœur du vaudeville ]. « Tu es meilleur dans les heures graves » lui susurre sa femme. « Si on s’en tire on fera en sorte de se dire plus souvent qu’on s’aime ». Et c’est bien là une des caractéristiques de la robinsonnade. C’est dans la tragédie que le ou les survivant(s) se révèle(nt) à eux mêmes et aux autres, affirment leurs qualités et capacités d’adaptation : courage, initiative, créativité, organisation, projection….

Mais comme tout est bien qui finit bien, après avoir traversé tout un éventail d’émotions : joie, colère, angoisse, espoir, amitié, répulsion….nos Robinsons sont finalement sauvés.

Pour conclure, rien de bien nouveau dans cette version si ce n’est le ton léger et taquin, des rebondissements cocasses et humoristiques. La robinsonnade est un thème, pas un genre. Elle traverse la bande dessinée, l’opéra, le théâtre, le cinéma, la science fiction, le roman sentimental, le roman d’aventure jeunesse et populaire….On aura bien l’occasion d’en faire le tour dans d’autres chroniques.

 

Réalisé par Joël Santoni - 2005 -

Scénario, adaptation et dialogues de Jean-Carol Larrivé et Joël Santoni

Avec : Avec : Anny Duperey (Catherine), Bernard Lecoq (Jacques), Philippe Khorsand (Richard), Béatrice Agenin (Reine), Tristan Calvez (Sébastien), Julie de Bona (Christine), Kamel Belghazi (Nourredine), Jennifer Lauret (Frédérique), Cécile Caillaud (Audrey), Alexandre Thibault (Julien), Jean-Claude Adelin (Patrick)

Tag(s) : #CINEMA

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